samedi 2 avril 2016

*Mon presque trail des Citadelles.

Retour en terre Ariégeoise pour le trail des Citadelles en version grand format 70km. J'étais inscrit l'an passé mais une mauvaise blessure m'a poussé à renoncer. Cette année l'hiver s'est bien passé et je me présente frais et dispo à Lavelanet au retrait des dossards

Le soleil est radieux sur Lavelanet, il fait même chaud. Une bonne bière avec mes amis Thierry (mon logeur d'un soir) et Romain pour se mettre en conditions
Un bon repas le tout sous le regard du maître des lieux : Michel
Après une nuit de qualité chez Thierry, à 5h30 on se présente sur l'aire de départ.
Tout le monde semble stressé (normal). Pointage de la puce, photos souvenirs avec les amis
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Pendant les discussions de la veille on nous annonce un terrain sec pour cette édition, une petite bruine rafraîchie la nuit mais rien de méchant. Je décide alors de ne pas prendre les bâtons pour cette fois. 
6h dernières consignes de Michel et c'est partit pour 70km !
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ça part assez vite, de mon coté je reste sur une allure souple car le chemin est encore long... Dès les premiers sentiers je me rends compte que le terrain n'est pas si sec que ça !
Pas de boue profonde mais assez pour glisser
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La boue colle aux crampons des chaussures et les rend lisses et lourdes. Sur les crêtes qui surplombent la vallée le jour se lève petit à petit
La descente vers Belesta est une vraie patinoire. Quasi impossible de tenir debout, je me roule dans la boue au moins 3 ou 4 fois, comme la majorité de ceux qui n'ont pas les bâtons autour de moi. Pour le moment on rigole tous de nos envolées ! 
J'arrive au ravito de Belesta (18km) en forme mais déjà immaculé de boue. Une soupe chaude, du fromage, du chocolat et hop dehors pour la suite. Je grignote mon repas en sortant du village
Toujours en forme je monte vers la croix de Millet
ça glisse toujours autant
J'ai toujours le moral, les jambes sont bonnes
Passé un passage technique et glissant vers le sommet, le parcours devient plus roulant
Mais toujours glissant et instable
ça monte, ça descend
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En forêt ou à découvert
Cette partie boueuse va m'user mentalement et moralement. Mais l'approche du ravito de Fougax me redonne un peu d'entrain
Zèze me rejoint à 2 km du ravito, on papote ensemble jusqu'au pointage du 30 km
Il est pressé, c'est sans s'attarder qu'il reprend sa route. Moi j'ai le temps
Même menu, soupe, fromage et chocolat. Ici tout le monde est "propre"
5 minutes de repos et je reprends ma route confiant pour la suite vers le château de Montségur.
D'abord roulant
le profil devient vite boueux et raide. Je commence à coincer un peu. Les cuisses chauffent, les appuis sont fuyants, le ciel est gris. Je n'éprouve plus trop de plaisir à patauger et je me pause la question du "qu'est ce que je fais là" !!
Montségur est en vue
le soleil semble vouloir se montrer un peu. Je me traîne sans envie sur les dernières pentes vers le château. Je cogite un max. 
Je me souviens de la fin de mon tour des cirques 2014 (120km du GRP) où j'ai dit : plus jamais de trails de plus de 100km. 
Je met en évidence ma règle des 3 P (Patience, Persévérance, Plaisir) : quand un des 3 P n'est plus là tu dis stop ! 
Je ne me régale plus, je n'ai pas envie de me "rentrer dedans" aujourd'hui, ni de faire encore 30km de glissades.
C'est sans regrets que je jette l'éponge au pied du château au bout de 39km. 
Je resterai un peu au ravito de Montférrier pour attendre Jean-Louis et Romain afin des les encourager. Allez les gars vous devez être finishers ! 
Dans la navette du retour je fais un bilan perso. Je valide le fait que les trails longs au dessus de 50km c'est terminé pour moi. Je n'ai plus l'envie de longues préparations, ni de marcher durant de longues heures sur des distances aussi longues. 
De bons trails plus courts sur les quels on peut courir, vite parfois me satisferont pleinement. 
Les trails longs je les ferais en mode photographe !
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lundi 7 mars 2016

*La BLACK-RACE.

2 ème dossard de l'année sur la Black-race 2016 pour moi. Vendredi après midi direction le Tarn vers le village de St Amans-Soult. Sur place à la traditionnelle remise des dossards, je retrouve mes amis Christophe et Sylvain ainsi que de nombreuses connaissances du trail. Grandes discussions sur la mauvaise météo annoncée pour demain et sur la meilleure tenue vestimentaire à adopter... 
Mais il commence à se faire tard et il est temps d'aller se restaurer avant de passer la nuit au chaud chez la famille de Christophe (MERCI pour le couvert et le lit !). 
Samedi 7h dring. Petit dèj avec Sylvain avant de l'accompagner pour le départ à 8h du 50km. 
Pour moi la course ne démarre qu'à 10h. Retour au chaud pour se préparer tranquillement et direction l'aire du départ. Manu et Thierry sont là
la direction de course nous met en garde des très mauvaises conditions météo au sommet du pic de Nore où l'on doit passer 2 fois. Grand vent et -12°C ressentit ! Pour le reste simplement la pluie et le brouillard avec en prime un sol détrempé ! Bon on sait à quoi s'attendre... 
10h top départ
je prends un départ tranquille en milieu du peloton
Ma stratégie de course est simple : essayer de faire la distance en en gardant toujours sous le pied et terminer frais ces 36km / 2400m d+. ça me permettra de voir si je peux aborder le trail des Citadelles (70km / 3500md+) serein dans 3 semaines.
les premières pentes arrivent dès le premier km. Effectivement le terrain est bien gras et glissant
la première partie qui nous mène au premier ravito au 6 ème km est principalement et cote avec 600m d+ en 5km. De quoi bien s'échauffer ! Pour le moment il ne pleut pas, juste du brouillard et un sol détrempé et glissant. 
Au ravito je fais un premier bilan : 6km / 650m d+ la forme est là, les jambes aussi.
Je mange un morceau de saucisson et fromage + un coca et hop ça repart. Jusqu'au ravito suivant le parcours offre une succession de grosses descentes ultra glissantes où les bâtons me sont très utiles pour ne pas me casser la gueule sans arrêts. Autour de moi c'est chutes et dérapages non contrôlés à gogo !
C'est presque impossible de tenir debout
En bas il faut traverser ou longer un ruisseau
avant de remonter droit dans la pente avec de très forts %tages ! Là encore merci les bâtons... Le terrain est de plus en plus gras. Les tapis de feuilles cachent toujours de grosses flaques d'eau glacée. La boue est omniprésente
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Il commence à pleuvoir, les cotes raides et les descentes abruptes se succèdent
les traversées de ruisseaux sont toujours périeuses. Avec le froid il vaut mieux ne pas tomber...
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J'ai toujours de bonnes jambes
c'est sans forcer que j'approche du 2ème ravito avec la neige qui commence à tomber vers 800m d'altitude
15km voilà le ravito
Le lieu est venté et il fait froid. On est tous trempés et ça bouchonne un peu pour rentrer au chaud
Je prends une bonne soupe chaude, saucisson, fromage et chocolat. 2ème bilan : 15km / 1400m d+ et 800m d-. Tout va bien. 
Les choses sérieuses vont commencer. La suite se fera au dessus de 800m d'altitude, c'est à dire sous la neige et dans le froid... Pas le temps de cogiter, hop je repars
Toujours en mode souple je me prépare mentalement pour la suite avec le sourire. Mon Steve on va voir de quoi tu es capable...
Une jolie descente et c'est partit pour l'ascension du pic de Nore avec 400md+
La pente est douce et régulière, mais la neige complique la progression. Les pas sont fuyants.
Le paysage est joli. Je prends le temps de retirer mes gants pour faire quelques photos rapides.
Sur cette partie finale avant le pic, les coureurs du 18km sont sur le même sentier, mais vont plus vite que nous. On a droit à une rafale de "pardon je passe à droite", "psst à gauche"... Mais ça se passe plutôt sans encombre quand tout le monde joue le jeu. 
Le sommet approche, la lisière de la forêt passée on accède à une portion d'un km environ de route goudronnée. Là les choses se compliquent vraiment. Plus d’abris, on est en plein vent de face avec un bon -10°C
En simple collant de course à pieds mouillé, un vulgaire coupe vent et les pieds trempés, c'est pas le top pour affronter le blizzard ! Le pic est à peine visible dans la brume
Pas la peine ni l'envie de s’attarder ici, vite je bascule versant Audois vers le 3ème ravito. Encore 1km et c'est le retour de la forêt. Youpi enfin plus de vent et avec 0°C on a l'impression qu'il fait chaud ! 
Allez une belle descente rocailleuse et c'est le ravito de "Pradelles". Une soupe chaude, des tucs et une banane au menu
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Un bilan rapide : 24km / 1900md+ et 1300m d-, toujours de bonnes sensations avant d'attaquer la remontée de 400m d+ jusqu'au 2ème passage au sommet du pic de Nore. 5 petites minutes d'arrêt et c'est repartit. 
La pente est raide, je sens un coup de moins bien d'un coup et j'ai froid. Sans doute un trop long arrêt au ravito ? ça ne s'arrange pas vraiment coté température avec le retour de la neige et même le tonnerre !
En plus je sais qu'il faut se retaper le passage glacial au sommet, joli programme !
Allez Steve, t'es pas là pour te plaindre, tu serres les dents et tu avances. ça y est le sommet est là
Je suis congelé. Le vent est toujours aussi fort et glacial. Je ne sens plus mes pieds qui sont gelés dans mes chaussures mouillées. La traversée jusqu'au dernier ravito dure 20 minutes. C'est court et très long à la fois dans ces conditions. 
Ouf la tente chauffée est en vue.
A l'intérieur un accueil chaleureux nous est réservé et ça fait du bien ! Je m'accorde 5 minutes pour manger 2 crêpes au sucre et me réchauffer un peu. 
Dernier bilan : 30km / 2400md+ et 1500md-. Il reste 6km et 900m d- à faire, je me suis restauré et réchauffé et je peux repartir en confiance pour terminer. 
La descente est très glissante et très boueuse, je l'aborde avec prudence au début avant de lâcher peu à peu les chevaux.
A 3 km de l'arrivée je me sens bien et je décide de voir si je suis capable de courir vite au bout de 33km et 6h de course. 
Terminée la retenue, je dévale le sentier qui a des allures de ruisseau avec des pointes à 16km/h (au GPS). Sur ces dernier km je double 8 coureurs. Quel plaisir de pouvoir terminer une course si dure dans cet état de fraîcheur. 
L'arche d'arrivée est là. Je suis finisher en 6h38 et 15ème VH2
Voici quelques chiffres relevés au GPS
Mon objectif est atteint. J'ai bien géré la course, l'alimentation, le coup de mou et j'ai surtout terminé en bon état. 
Cette course est très sélective et rude. Les conditions météo l'ont rendue encore plus compliquée. Mais quelle belle course ! Un vrai trail... .

A venir: le tour des cirques

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